L'agenda de l'Evêque

 

Les annonces ci-dessous concernent quelques-unes des activités de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d'Embrun. Pour consulter le calendrier diocésain, cliquez ici.

 


   

 

Mercredi 26 mai

8 heures, Maison épiscopale, messe suivie du petit déjeuner avec les responsables de services diocésains.

 

Jeudi 27 mai

Abbaye Notre-Dame de Miséricorde, à Rosans.

 

Vendredi 28 mai

19 heures, Maison épiscopale, Conseil pour les affaires économiques.

 

Samedi 29 mai

11 heures, Gap, célébration d’un mariage.

 

Dimanche 30 mai

10 heures 30, célébration de la Confirmation à Molines.

 

Lundi 31 mai et mardi 1er juin

Bartéou, rencontre des évêques de la Province.

 

 

Mercredi 2 juin

8h00, à la Maison épiscopale, Messe suivie du petit-déjeuner pour les responsables des services diocésains.

 

Jeudi 3 juin

Conseil presbytéral, Maison diocésaine de 9h30 à 16h30.

 

Samedi 5 juin

Fête de l’Ecole des Roches à Verneuil.

 

Dimanche 6 juin

Célébration d’un baptême.

 

Mardi 8 juin

A Paris.

- Conseil permanent de la Conférence des évêques de France avec les Présidents de commission. Présence de Mgr au titre de Président du Conseil pour la communication.

- Comité de suivi du « Jour du Seigneur ».

 

Mercredi 9 juin

- Réunion pour les radios chrétiennes.

 

Dimanche 13 juin

Messe à 11  heures dans le Dévoluy.

 

Mardi 15 juin

Conseil des doyens à la Maison épiscopale de 13h00 à 17h00

 

Mercredi 16 juin

Conseil pour la communication à Paris.

 

Jeudi 17 juin

20h30. Concert « Les prêtres » en l’église Saint-Sulpice à Paris.

 

Vendredi 18 juin

20h30. Concert « Les prêtres » en la cathédrale de Rouen.

 

Du mercredi 23 au vendredi 25 juin 2010
Conseil épiscopal de fin d’année à la maison diocésaine de Nice.

 

Dimanche 27 juin 2010
Célébration de la confirmation à Embrun à 10h30, pour l’ensemble du doyenné.

 

Lundi 28 juin 2010
Conseil des Affaires économiques à la Maison épiscopale à 19h00.

 

Mardi 29 juin 2010
Assemblée générale de l’Association diocésaine à la Maison diocésaine à 15h00.

Assemblée générale du syndicat ecclésiastique à la Maison diocésaine à 16h45.

Messe de la St Pierre et St Paul à la cathédrale de Gap à 18h30.

Messe suivie d’un dîner à la Maison épiscopale pour les prêtres, diacres, et les jeunes.

 

 

Mercredi 30 juin

8h00, à la Maison épiscopale, Messe suivie du petit-déjeuner pour les responsables des services diocésains.

 

 

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Messesinfo

10 000 prêtres venus du monde entier avaient afflué à  Rome ces derniers jours. Ce matin, place Saint-Pierre, en la solennité du Sacré-Coeur de Jésus, ils concélébraient la messe autour de Benoît XVI, en conclusion de l'Année sacerdotale inaugurée le 19 juin 2009.

 


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Des milliers de prêtre présents ce matin place Saint-Pierre à Rome

 



Homélie de Benoît XVI


Chers confrères dans le ministère sacerdotal,

Chers frères et sœurs,

 

L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui.

 

Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour.

 

Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre «oui». Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu. Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du cœur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables. On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements.

 

Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

 

 

Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son cœur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son cœur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le cœur de Jésus et être vécu à partir de lui. Je voudrais aujourd’hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l’Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D’une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d’autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l’homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) – « Le Seigneur est mon berger », à travers lequel l’Israël priant a accueilli l’autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l’orientation pour sa vie. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s’expriment pour le fait que Dieu est présent et qu’il s’occupe de l’homme. La lecture tirée du Livre d’Ézéchiel débute par le même thème : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d’autres puissances et à d’autres forces, à d’autres divinités. De cela, il fallait s’accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n’offrait pas davantage une aide. Il n’était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas.

 

Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu’une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d’eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu’il y a une personne qui m’aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu’existe ce Dieu qui me connaît, qui m’aime et se préoccupe de moi. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14), dit l’Église avant l’Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu’elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d’eux, leur permettons d’expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l’égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n’est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d’une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l’autre. L’aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié avec Dieu.

 

Revenons à notre Psaume. Il y est dit : « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (23 (22), 3-4). Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l’être humain s’accomplit de façon juste. Il nous enseigne l’art d’être une personne.

 

Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l’absence de sens ?

C’est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie.

Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l’esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu’ils étaient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie pitié aussi de nous ! Indique-nous le chemin !

 

De l’Évangile, nous savons cela : Il est lui-même la vie. Vivre avec le Christ, le suivre – cela signifie découvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire :« Oui, vivre a été une bonne chose ». Le peuple d’Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu’à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie.

 

Le grand Psaume 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n’avançons pas à tâtons dans l’obscurité. Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu’Il nous indique. Nous pouvons en être heureux et nous réjouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une réalité vécue. Lui-même nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l’expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste.

 

Il y a ensuite la parole concernant « le ravin de la mort » à travers lequel le Seigneur guide l’homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera là. Le Christ lui-même est descendu dans la nuit obscure de la mort. Là aussi, il ne nous abandonne pas. Là aussi, il nous guide. Si « je descends chez les morts : te voici » dit le Psaume 139 (138). Oui, tu es aussi présent dans l’ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : là aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurités de la tentation ; dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s’éteindre, montre-moi que tu es là. Aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiées et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière.

 

« Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l’Église, au ministère du prêtre. L’Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L’usage même du bâton peut être un service d’amour. Nous voyons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n’était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur – la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.

 

À la fin du Psaume, on évoque le banquet préparé, l’huile dont la tête est ointe, le calice débordant, la possibilité d’habiter avec le Seigneur. Dans le Psaume, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d’être avec Dieu dans le temple, d’être accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter auprès de Lui. Pour nous qui prions ce Psaume avec le Christ et avec son Corps qui est l’Église, cette perspective d’espérance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation prophétique du mystère de l’Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s’offrant lui-même à nous comme nourriture – comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif intimes de l’homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu, d’habiter près de Lui ? Comment ne pas être heureux du fait qu’il nous a laissé ce commandement : « Faites cela en mémoire de moi » ? Heureux parce qu’Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même. Oui, nous pouvons de tout notre cœur prier ensemble les paroles du Psaume : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie » (23 (22), 6).

 

Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont proposés aujourd’hui par l’Église dans sa liturgie. Il y a tout d’abord la parole avec laquelle saint Jean conclut le récit de la crucifixion de Jésus : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34). Le cœur de Jésus est transpercé par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l’eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l’Église vit : le Baptême et l’Eucharistie. Du côté percé du Seigneur, de son cœur ouvert jaillit la source vive qui court à travers les siècles et qui fait l’Église. Le cœur ouvert est source d’un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pensé aussi à la prophétie d’Ézéchiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne fécondité et vie (Ez 47) : Jésus lui-même est le nouveau temple, et son cœur ouvert est la source d’où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l’Eucharistie.

 

La liturgie de la Solennité du Sacré Cœur de Jésus prévoit, cependant aussi, comme chant à la communion une autre parole, proche de celle-là, tirée de l’Évangile de Jean : Qui a soif, qu’il vienne à moi. Qu’il boive, celui qui croit en moi. L’Écriture dit : « Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (cf. Jn 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l’eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-même une source, et offre à la terre desséchée de l’histoire l’eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des siècles source de foi, d’amour et de vie. Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l’eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton cœur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta résurrection tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l’eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénis-nous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche. Amen.

 

Benoît XVI

 

 

[Texte original: Français]

 

 


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Suspendu au balcon, le portrait de Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars

 




 

 

 

 

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Au carrefour de quatre départements provençaux, le site de Cadarache va accueillir le plus grand complexe expérimental du monde : Iter. Les évêques de notre province ecclésiastique se sont rendus sur place le 31 mai dernier, pour visiter le projet. Pari scientifique audacieux et chance pour l’économie de la région, la mise en place de ce réacteur révolutionnaire génère aussi de nombreux défis, y compris pour l’Église.


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Les défis d’Iter
par Jean-Claude Escafit


C’est une plate forme nue de 40 hectares (sur les 180 ha du projet) que les évêques de la région ont aperçu ce 31 mai. Pour l’heure, 2 millions de m3 de terre ont été déblayés ; une énorme route, où passeront 300 convois exceptionnels depuis Fos-sur-Mer, a été aménagée et un colosse de 60 m de haut – le cœur du réacteur - est en passe d’être dressé. Ce chantier pharaonique qui devrait durer encore près d’une dizaine d’années est à la mesure des attentes suscitées, comme des défis à relever.

Le défi foncier

« Vive la fusion au pays du soleil ! », « Iter, l’énergie du futur au cœur de la Provence » : dans la mairie de Saint-Paul-lès-Durance, village de 1000 habitants qui abrite le centre de Cadarache et le site d’Iter, les affiches exhibent des slogans lyriques. Comme les commentaires du maire socialiste : « Cadarache, c’était déjà un gâteau extraordinaire, Iter, c’est la cerise. Notre renommée ne sera plus européenne mais mondiale ! », lance Roger Pizot. Les deux sites occupent 40 % des 4500 hectares de cette petite commune des Bouches-du-Rhône. « C’est vrai qu’il y a d’importantes retombées économiques, mais nos communes rurales ne devraient être que très peu concernées par l’accueil du millier de chercheurs et techniciens. Ils préfèreront se tourner vers des villes comme Aix ou Manosque. En revanche, loger les ouvriers du chantier est un casse-tête. » Propos corroboré par Bruno Vidal, le curé de Peyrolles (Aix-Val de Durance) qui dessert la paroisse de Saint-Paul. Ils sont environ 4000 lors du pic de construction. Et plusieurs entreprises de BTP auraient renoncé, faute de logements adaptés à leur personnel. Il faut dire que l’on ne trouve plus de terrains disponibles à proximité. Et dans un périmètre important, les prix des mètres carrés ont explosé. À l’évidence, le défi foncier n’est pas le moindre à relever. Même pour les familles des scientifiques de 30 nationalités différentes qui s’établissent peu à peu dans la région, en plus des entreprises sous traitantes et des 6000 salariés de Cadarache déjà installés.

Un défi culturel pour l’Église

A 20 km d’Iter, Manosque a anticipé cette arrivée inédite. En 2001, le maire a lancé un plan sur 20 ans, qui s’est accéléré dès le choix officiel, en 2005, du site. 1600 logements ont été programmés en deux ans. Un hôpital et un lycée international sont sortis de terre. « C’est que le défi du vivre ensemble est grand, commente Gilbert Marijsse, curé de Manosque, commune de 20 000 habitants qui n’en comptait que 8000 en 1960. En trois ans, cette agglomération des Alpes-de Haute-Provence a absorbé 38% des nouveaux arrivants (contre 43 % dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône, 9% pour le Vaucluse et 8% pour le Var). Au Conseil pastoral, nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas rater le train de l’interculturalité. Nous avons participé à la réflexion des pouvoirs publics sur la transformation de la ville et mis sur pied « Manosque Fraternité », sur le modèle de concertation interreligieuse de « Marseille Espérance ». Tous les dimanches, nous avons à l’église une quinzaine de nationalités de tous les continents. Nous organisons des célébrations d’accueil des nouveaux venus et traduisons les homélies en quatre ou cinq langues », poursuit ce prêtre polyglotte d’origine flamande. « Tous ces projets dans la ville créent une effervescence où craintes et enthousiasmes se côtoient. »

Les défis scientifique et économique

Assurément, le projet ne laisse pas indifférent. Entre enthousiasme aveugle et hostilité irraisonnée, il suscite des réactions contrastées, des deux côtés. La réalité est moins tranchée. « C’est vrai que le projet reste une aventure, car une grande incertitude demeure sur sa réussite, confie Didier Paul, ingénieur au CEA et enseignant-chercheur. C’est un pari sur l’avenir, dont notre génération ne verra pas les fruits, tout comme une expérimentation qui n’est pas du tout anodine (voir encadrés). C’est pourquoi des précautions infinies sont prises pour éviter tout risque, au détriment du calendrier de la construction. Mais, conclut ce scientifique par ailleurs membre du Conseil pastoral du diocèse d’Aix et Arles, pour nous chercheurs, cela va être une bouffée d’oxygène. C’est à la fois un brassage de cultures stimulant pour la recherche et une dynamique de formation pour les universités de la région. Et Iter ouvre de formidables perspectives environnementales pour les générations futures. Ne pas tenter un tel projet serait une grave erreur. »

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Reproduire l’énergie solaire sur Terre

Le projet (présidé par un Japonais) consiste à tenter de reproduire sur Terre l’énergie solaire, en faisant fusionner des atomes (au lieu de les briser par fission), qui produiront du plasma. Le défi est de pouvoir contrôler durablement ce gaz chauffé à très hautes températures (100 millions de degrés) dans un anneau électromagnétique poussé à des conditions extrêmes. Objectif : produire une source d’énergie analogue à celle du Soleil et... transformable en électricité !
L’avantage : des déchets nucléaires à faible durée de vie (une génération contre plusieurs millénaires).
Les inconvénients : l’incertitude sur sa réussite à un horizon lointain. Et ses coûts, au détriment d’autres projets, notamment environnementaux : l’objet des critiques des écologistes, lors des élections régionales.

Des coûts qui explosent

Initialement estimé à 10 milliards d’euros sur 30 ans, le budget explose. Le coût de construction pour l’Europe par exemple est passé de 2,7 milliards à 6 milliards d’euros. 45 % du budget sont financés par l’Union européenne (dont 10 % par la France, incluant une subvention des collectivités locales de 467 millions d’euros), le reste, pris en charge par les autres partenaires : États-Unis, Chine, Russie, Corée du Sud, Japon.

Les dates
 
Les premiers coups de pioche ont eu lieu en 2007. Le montage de l’installation de recherche commence fin 2010 pour un début d’expérimentation en 2019 et une éventuelle exploitation après 2050 !



Texte : Eglise d’Aix et d’Arles, Revue n° 33, juin 2010
Photos : Mgr Félix Caillet, diocèse de Gap et d’Embrun


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