Agenda de Mgr


Les annonces ci-dessous concernent quelques-unes des activités de l'Evêque. Pour consulter le calendrier diocésain,
cliquez ici.


Mardi 25 novembre
De 9h30 à 16h00 : Conseil Episcopal à la Maison Episcopale


Mercredi 26 novembre
A 11h00, célébration des funérailles du Père Louis Bonnefont, à Marseille


Mercredi 26 novembre
Célébation du 60ème anniversaire du " Jour du Seigneur " à Paris.


Jeudi 27 novembre
10h30 : Célébration de la messe à la chapelle de la Médaille miraculeuse à Paris.


Vendredi 28 novembre
A 14h30, célébration ds funérailles de François Werner, à Fuveau (BdR)


Samedi 29 novembre
18h00 : Célébration de la messe à Saint-André. Ministères institués à Henri Pascal.


Lundi 1er et mardi 2 décembre
Réunion des évêques de la Province de Marseille.


Jeudi 4 décembre
De 13h00 à 17h00 : Conseil des doyens à la Maison épiscopale


Samedi 6 et dimanche 7 décembre
Participation au Chapitre Saint-Hubert et célébration de la messe au Clos Vougeot (Archidiocèse de Dijon)


Mercredi 10 décembre
A 8h00, à la Maison épiscopale : Eucharistie et petit déjeuner avec les responsables de l'administration diocésaine


Jeudi 11 décembre
Journée à l'Abbaye bénédictine Mère de Miséricorde, à Rosan.


Vendredi 12 décembre
A 19h00, à la Maison épiscopale : Conseil pour les affaires économiques


Mercredi 17 décembre
A 8h00, à la Maison épiscopale : Eucharistie et petit déjeuner avec les responsables de l'administration diocésaine.


jeudi 18 décembre
A 12h00, à la Maison épiscopale : Eucharistie et déjeuner avec la Communauté des bénédictines de Notre-Dame du Laus


Mardi 23 décembre
A 9h30, à la Maison épiscopale : Conseil épiscopal et déjeuner avec la déléguée du Secours Catholique pour les diocèses de Digne et de Gap-Embrun


Mercredi 24 décembre
A 8h00, à la Maison épiscopale : Eucharistie et petit déjeuner avec les responsables de l'administration diocésaine


Mercredi 24 décembre
A 12h30, à la Maison épiscopale : déjeuner avec les prêtres aînés


Mercredi 24 décembre
A 22h30 : Célébration de le messe de la nuit à Notre-Dame du Laus


Jeudi 25 décembre
A 10h30 : Messe de Nöel à la cathédrale de Gap


Dimanche 4 janvier
A 10h30 : Messe de l'Epiphanie à la cathédrale d'Embrun, présidée par Mgr François-Xavier Loizeau, évêque de Digne


Vendredi 9 janvier
A 11h15, à Notre-Dame du Laus : Eucharistie et déjeuner du nouvel an avec les prêtres, diacres, religieux, religieuses et laïcs ayant des responsabilités dans le diocèsaines

Albums photos

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap, Président du Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France et Président de la Commission des évêques d'Europe pour les médias, a été interrogé par le quotidien Le Monde du 12 novembre. Cela à la suite de la parution d'une plaquette, élaborée par le Conseil pour les questions familiales et sociales et le Conseil pour la communication, intitulée "Quand les médias dévoilent l'intime". Voici le texte de l'entretien.

 


La télévision est devenue l’opium du peuple et les magazines people une presse triomphante. Tel est le constat de Jean-Michel di Falco, qui analyse et critique l’impudeur moderne consistant à dévoiler la part intime des personnes, transformant l’individu en spectacle.

Vous semblez penser que la télévision tire à son profit ce qui faisait autrefois partie des rites de la religion ?
La télévision est la nouvelle religion païenne. Autrefois, les familles se retrouvaient pour l’angelus et la prière qui ponctuait toute la vie chrétienne. Aujourd’hui, elles se rassemblent pour le journal télévisé de 20 heures, la « grande messe » de l’information, avec un « grand prêtre », le présentateur, pour la célébrer. Et ce journal se déroule selon un rite bien défini, le fil conducteur, qui est l’équivalent de la « liturgie ».
L’Eglise était l’initiatrice de grandes manifestations caritatives qui, aujourd’hui, se déplacent de plus en plus vers la télévision : Téléthon, Sidaction, etc. La télévision a ses « saints », les stars à qui le public s’adresse pour intercéder en faveur de telle ou telle cause. Et quand des animateurs ou grandes figures des médias sont renvoyés ou jetés du jour au lendemain comme un Kleenex, on parle d’« excommunication » !
Dans le texte de Karl Marx sur la religion, remplacez le mot « religion » par celui de « télévision » et vous verrez que le texte ne perd rien de sa cohérence et se termine par « la télévision est l’opium du peuple ». Il faut admettre que, désormais, ce n’est plus la religion qui structure la société, lui donne sa cohésion, mais la télévision. J’ajoute qu’on ne peut pas dire que l’Eglise catholique, à laquelle j’appartiens, a perdu toute influence dans la société et en même temps pousser des cris d’orfraies quand elle intervient dans le débat public.

La « télévision–religion » devient aussi le lieu des confessions intimes. Avec Mgr Descubes, président des questions sociales de l’épiscopat, et une équipe d’experts, vous venez de publier un document Quand des médias dévoilent l’intime (coédition Cerf, Bayard, Mame, 70 p., 6,80 €), dans lequel vous dénoncez le viol de l’intimité qui dicterait sa loi à la télévision ou à la presse people. La cote d’alerte est-elle atteinte ?
C’est l’escalade du « toujours plus » en effet. Toujours plus d’images et de confidences dévoilant la vie intime des personnes ! Toujours plus d’images de violences, de guerres ! Il fut un temps où les responsables des chaînes veillaient à ce que les émissions susceptibles de choquer soient diffusées à des heures où les enfants ne sont plus à la table familiale. Aujourd’hui plus aucune retenue n’est observée. Sur fond de concurrence, c’est à qui ira le plus loin, à qui sera le premier. Les chaînes se donnent comme alibi que les spectateurs ont un petit penchant pour le voyeurisme et en demandent toujours plus. La preuve,  les magazines people sont la seule presse dont le tirage augmente : 18 millions de lecteurs en 2005.

Un public voyeur et exhibitionniste. Ceux qui, d’eux-mêmes, viennent exposer à la télévision leurs situations ou difficultés de vie se livrent à un dégradant strip-tease. Je me refuse à mettre en cause ces hommes ou ces femmes, mais leur attitude en dit long sur l’état de notre société. Ce qui fait exister, c’est le regard des autres. Dès lors que ces personnes n’ont pas, ou plus, le sentiment d’être regardées, d’être reconnues, choisies, de compter pour quelqu’un, elles vont tenter de se montrer à la télévision.
Ce qui supplée l’anonymat, le regard humain, c’est donc le regard électronique de la caméra. Contre le sentiment de non-être, le fait d’être vu à la télé donne une sorte de surcroît d’existence. Passer à la télé, c’est pénétrer dans le saint des saints, lieu de légitimation suprême, qui équivaut à une consécration. J’emploie à dessein ce vocabulaire religieux.

Vous mettez en cause l’ « industrie de l’intimité » à la télévision et dans la presse , qui ferait « du viol de la vie privée des gens » un objet de consommation. Qui visez-vous en particulier ?
La part la plus intime de la personne humaine est révélée chaque jour dans un nombre de plus en plus grand d’émissions et de journaux trash. On ne compte plus les « confessions publiques » qui mettent les gens en compétition au nom d’une prétendue télé-réalité. Témoins ces émissions comme « L’île de la tentation » ou « On a changé de maman », et bien d’autres. Ceux qui acceptent de se dévoiler le font sans doute en confiance, avec l’espoir de réaliser un rêve, de recevoir une aide psychologique ou affective. Mais ce qui intéresse les producteurs et les animateurs, c’est que la personne se raconte avec un luxe de détails intimes.
Après, quand on ne sort pas du lot, qui va recoller les morceaux ? La griserie est de courte durée. Ceux qui se prêtent à ces jeux du cirque sont les gladiateurs des temps modernes. On va m’opposer qu’il n’y a pas de lion pour les dévorer… Mais mesure-t-on les conséquences d’un tel dévoilement, les blessures subies ? Comment, après les feux de la rampe, retourner sans dommage à l’anonymat ? Sait-on si un accompagnement psychologique est prévu ? Au nom de la dictature de l’audience, peut-on tout se permettre ?
La part intime de l’individu n’est pas un sujet de divertissement. Or la télévision, par sa nature même, fait de tout un spectacle. Oui, il y a une industrie de l’intimité, fondée sur le profit, gangrène de la société quand il en est le critère déterminant.

L’information aussi, dites—vous, devient spectacle. Elle mélange de plus en plus information et divertissement, selon la formule américaine de l’ « infotainment »…
Dès lors que l’information est traitée comme un produit, il faut la vendre, l’habiller pour qu’elle soit consommable. Alors, on repassa en boucle, comme de bons produits, les mêmes images de guerres, de tortures, de violences, « de coup de boule ». Après le meurtre d’une jeune fille, j’ai vu une équipe de télévision enregistrer les aveux des auteurs présumés du crime et l’annonce aux parents de la découverte du corps de leur fille.
Sans doute y a-t-il des téléphages pour apprécier ce type d’information, mais faut-il s’aligner sur ce qu’attendent les téléspectateurs pour le leur donner ? On peur faire de l’information, du divertissement et avoir le souci, en même temps, d’élever les centres d’intérêt de ceux qui regardent. A la décharge des journalistes, je dis volontiers qu’on se trompe de cible, lorsqu’on les critique, si on ne tient pas compte des conditions dans lesquelles ils exercent leur profession. Le journaliste fait pour le mieux, dans le cadre de ce qui lui est imparti par son patron qui, dans de nombreux cas, n’est pas un journaliste, mais un gestionnaire et un financier.

Il y a quand même un droit à l’information et un devoir d’informer ?
Evidemment, il faut montrer les guerres, les tortures, les catastrophes. C’est la réalité du monde, on ne peut ni ne doit la cacher. Il faut donner à voir pour permettre la prise de conscience, au besoin susciter la révolte, provoquer des réactions devant ce qui est intolérable. Mais montrer quand ? Comment ? A qui ? C’est la question. Est-il souhaitable qu’un enfant se trouve brutalement confronté à des images de violence telles qu’elles sont diffusées chaque soir au journal télévisé pour lequel il n’y a pas la signalétique moins de 10 ans, moins 12, moins 16, moins 18 ?
Le droit à l’information est inaliénable, mais faut-il pour autant tout dire, tout montrer, à n’importe quelle heure et à n’importe quel public. Le débat sur les limites au devoir d’informer est difficile : qui va les fixer et comment ? Le droit à l’information, il ne faut pas y toucher, mais ceux qui portent la responsabilité d’informer s’interrogent. Il n’y a pas que le scoop comme référence.
Alors quelle alternative ? Soit on fait appel à la conscience personnelle, en pensant que chacun est en mesure de voir jusqu’on peut aller. Soit on se retourne vers le législateur, mais j’entends déjà les protestations, justifiées, d’ailleurs : atteinte à la liberté d’expression, censure ! C’ n’était pas mieux autrefois au temps de l’ORTF et d’une information encadrée. Mais qu’on ne vienne pas nous dire que la télévision aujourd’hui est libre. Elle s’est libérée de la tutelle politique pour s’emprisonner sous le joug de la tutelle économique. Est-elle davantage libre ?

Vous écrivez que le débat politique a aussi franchi les limites du respect de la vie privée et va jusqu’à « un dévoilement de soi qui frise la vulgarité ».
Mettre en scène sa vie privée, fouiller dans la vie d’un adversaire pour le mettre en difficulté, c’est une manière de faire de la politique un mauvais et médiocre spectacle. Je trouve d’une bassesse tout autant méprisable les attaques visant Ségolène royal à travers son frère et Nicolas Sarkozy à propos des prétendus comptes à l’étranger. Que ce spectacle politique amuse un certain nombre de Français , j’en conviens. Mais que ceux qui revendiquent le suffrage de leurs concitoyens n’aient dans certains cas comme tout discours que celui de chercher à salir et détruire l’autre n’a rien de rassurant.
Je déplore qu’il y ait bien moins qu’autrefois de grands débats politiques à la télévision. Il ne faut pas reprocher aux hommes politiques de se trouver dans des émissions d’information et de variété dans lesquelles leur vie privée est mise en scène. Ont-ils un autre choix pour se faire entendre par le plus grand nombre ?

Propos recueillis par Henri TINCQ

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